Historique de la lutte pour le retour à la Monarchie

Historique de la lutte pour le retour à la Monarchie

Chroniques: Choix de la monarchie ou de la République


Le 17 Septembre 1994, le Président Burundi avait imposé une convention entre les 2 partis mais en vain. En Décembre 1994, le Président de l'Assemblée et leader de l'Uprona, Jean Minani force la démission du Premier Ministre, Anatole Kayenkiko ( a succédé à Sylvie Kinigie, élue le 10 Juillet 1993) et il faudra attendre Février 1995 avant que le Tutsi Antoine Nduwaya soit nommé à la primature et Minani remplacé. L'ancien Président Buyoya échappe à un attentat qui coûtera néanmoins la vie à son beau-frère, Ministre de l'Energie. Le conflit est ouvert. L'armée est de plus en plus présente dans la politique intérieure et entre Avril et Juillet 1996, décide de qui doit être nommé dans le gouvernement. Le 25 Juillet 1996, les rues de Bujumbura se couvrent de soldats et l'armée annonce que le Président a été destitué. Peu avant dans la même journée, Ntibantunganya s'était fait conspué par des manifestants en colère (jets de mottes de terre). Le Président déchu doit se réfugier à l'Ambassade des Etats-Unis … désertée de son Ambassadeur. Leonce Ngendakumana, Président de l'Assemblée a fuit vers l'Ambassade d'Allemagne pour éviter l'exécution. Les Hutus qui fuient les combats entre mutins et loyalistes rejoignent la forêt ; certains rejoindront la rébellion du CNDD de l'ancien Ministre de l'Intérieur, Léonard Nyangoma. La Junte a désigné son nouveau Chef d'Etat en la personne du Major Pierre Buyoya (ont été écartés Bagaza et Firmin Ndikira, Hutu et ex-Ministre de l'Agriculture ). Nyangoma refuse de reconnaître le nouveau pouvoir et son Premier Ministre, Pascal Firmin Ndimira ( Hutu né en 1956 ) nommé le 1er Août. C'est la guerre civile. Afin de contenir les extrémistes Tutsis, on arrête Bagaza puis on interdit le FRODEBU en Décembre 1997 qui a élit un contre gouvernement avec à sa tête, Jean Minani. En Mai 1998, Ntibantunganya est mise en résidence surveillée dans une capitale bombardée par les rebelles du CNDD. Le FRODEBU se divise entre partisans de Minani, l'ancien Président déchu et ceux de Nyangoma. Finalement, le parti de N'Dadaye va subir à son tour les affres du putsch. C'est un Colonel (Jean Bosco Ndayikengurukuye) qui y mettra de l'ordre.

Outre les rebelles Hutus, Buyoya craint qu'une autre rébellion ne s'ouvre avec les monarchistes du PRP. Les monarchistes d'Hitimana ont le vent en poupe parmi les partisans du partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis. De plus voilà le seul parti qui n'est incriminé dans les massacres ethniques et les campagnes se souviennent de ses Mwamis. Des militaires issus de l'ethnie Tutsi Hima se sont prononcés clairement en faveur d'un retour du Mwami. Le gouvernement se sent contraint de signer en présence des membres de la famille royale un accord de réconciliation le 4 Août 2000. Quinze jours après, Buyoya échappait à une tentative de putsch de la part des cadets de l'école militaire de Muzinda.
La guerre s'éternise, des coalitions éphémères entre Tutsis et Hutus se forment dans l'espoir de pousser Buyoya vers la sortie. Le 18 Avril 2001, une nouvelle tentative de coup d'état échoue. Les militaires tutsis compromis accusaient Buyoya de trahir le pays et l'UPRONA.
Le 29 Avril, les royalistes organisent une journée du souvenir de la mort du dernier Mwami. La veuve de Mwambutsa IV, la Reine Nyayare réclame ouvertement le retour à la monarchie et une enquête approfondie sur les circonstances de la mort de son fils.

Le gouvernement de Buyoya est sous tensions permanentes. Un accord avec les partis Hutus prévoit l'instauration d'un système présidentiel bicaméral tournant avec un Président Tutsi et un Vice- Président Hutu. Point de place est faite aux héritiers de la monarchie. Le 23 Juillet, Buyoya reconduit à la Présidence dont on a adjoint le leader du FRODEBU, Domitien Ndayizeye comme Vice- Président doit affronter encore une tentative ratée de putsch de la part des éléments les plus extrêmes de l'armée. Le 1er Mai 2003, Buyoya accepte de se retirer, ayant été incapable de stopper les menées des mouvements armés qui secouent le pays. En vertu des accords, le Vice- Président lui succède.
Sa tâche n'est pas aisée. Leader Hutu d'un FRODEBU divisé, une rébellion elle aussi Hutu aux portes de la capitale, des extrémistes du PALIPEHUTU en armes dans Bujumbura, Domitien Ndayizeye doit également faire face aux monarchistes d'ABAHUZA et leur icône, la Princesse Esther Kamatari . La Princesse est loin d'être une inconnue. Mannequin international et l'égérie de la marque Jean-Luc François, écrivain (Princesse des Rugo, éditions Bayard 2001) élevée à la cour royale et réfugiée en Europe dès 1969, elle a fondé l'Association des Burundais de France (1990) et a reçu depuis peu le leadership de ce mouvement monarchiste.

C'est avec le multipartisme que l'idée monarchiste jusque là enfouie depuis la révolution de 1972, revient sur le devant de la scène. Mathias Hitimana (né 1949) longtemps intime du dernier Mwami Ntare V fonde le Parti (très hétéroclite où l'on retrouve aussi bien des partisans du Roi que des Républicains) Royaliste Parlementaire en 1992. En une décennie, le P.R.P. devient incontournable et joue avec les acronymes. En effet, la constitution de Mars 1992 basée sur les articles 1er et 57 interdisait que tout partis politiques à caractère monarchiste (entre autres). Le Parti Royaliste Parlementaire devient donc le Parti de la Réconciliation du Peuple. Afin de le contrôler, Buyoya lui octroie le poste de Ministre des Mines en 2001 avant de le limoger en Juillet 2002 pour son ralliement publique à la rébellion. Hitimana meurt brusquement le 15 Janvier 2004, laissant le parti monarchiste sans leader.

Le Prince Godefroid Kamatari (né 1957), fils du Prince Ignace Kamatari mort dans des circonstances jamais élucidées en 1964 et neveu de Mwambutsa IV décide de reprendre le flambeau de la lutte pour un retour à une monarchie constitutionnelle. Six jours après la mort d'Hitimana, il fonde le parti Abahuza (Viens ensemble ou Rassemblement) ou Parti pour la Restauration de la Monarchie et du Dialogue au Burundi.

La succession du trône fait toujours l'objet d'âpres querelles au sein de la famille Royale. A la mort de Mwambutsa IV, la Reine Mère Baramparaye est encore vivante. Certains lui reconnaissent une prédominance face à la Princesse Rosa Iribagiza ou du clan Kamatari. Les biens de la famille royale ont disparu ave les soubresauts de 1972 et les héritières du prince Rwagasore, Marie- Thérèse et Pia sont mortes subitement le 28 Novembre 1961 lors d'une séance de vaccination. Le Prince Kamatari lui, reste dans l'ombre de ces querelles royales. Il est le membre d'une fratrie de 7 frères et sœurs dont plus célèbre est Esther Kamatari de 6 ans son aînée.

Le Prince Godefroid Kamatari prône ouvertement le retour à une monarchie constitutionnelle face à la dérive autoritaire des régimes qui se succèdent. Abahuza se présentera donc aux élections générales prévues en Avril 2005. Le Parti Monarchiste Parlementaire (crée en 2005) de Guillaume Ruzoviyo considère que le parti du Prince Kamatari n'a aucune chance d'accéder à la magistrature suprême et décide de laisser à ses partisans le libre choix du vote dont la plupart se reporteront sur le Conseil National pour la Défense de la Démocratie- Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD- FDD) de Pierre Nkurunziza. D'ailleurs, le nouveau PRP a retiré de la liste de ses membres le Prince Kamatari en Janvier 2002 pour dissensions.

Si Abahuza dérange les partis traditionnels, le CNDD-FDD à l'avantage d'occuper à la fois le champ politique et militaire contrairement au mouvement du Prince Kamatari. Nkurunziza est né en 1964 d'un père Hutu élu député et gouverneur des provinces Ngozi et Kayanza à la chute de la monarchie et qui sera assassiné en 1972. C'est encore un meurtre politique qui va forger sa conscience, celui du Président Ndadaye. Il n'entend pas adhérer à quelconque idée royale. Il sait ce que les Hutus ont subis sous la monarchie et l'élection de 1993 est pour lui porteuse d'espoirs. Il rejoint la rébellion de Léonard Nyangoma, le Conseil National pour la défense de la Démocratie peu après le putsch de 1993 et rapidement se fait remarquer par sa stature sportive. Il assiste au putsch interne de Jean Bosco Ndayikengurukiye et avec des milliers de partisans fondent en 2001 les Forces pour la Défense de la Démocratie. Le CNDD-FDD est né. Sa rébellion menace Bujumbura plusieurs fois menaçant les négociations de paix (incursions dans la capitale le 7 juillet 2003 avec l'aide du PALIPEHUTU qui forcent la fuite de 40 000 personnes). Les accords d'Arusha auxquels il participe acceptent son amnistie et de rebelle, il devient ministre du gouvernement de transition. Il a supplanté le FRODEBU en tant que parti de la majorité Hutu (Novembre 2003).

Les élections de 2005 n'accorderont finalement pas la place aux partis historiques encore moins ceux qui représentent l'histoire. Le FRODEBU et l'UPRONA sont laminés par les votes. A peine 30 et 15 sièges respectivement à chacun d'entre eux. Le CNDD de Nyangoma n'obtiendra que 4 sièges. C'est le parti de Pierre Nkurunziza qui rafle la majorité des sièges avec 64 élus. L'ancien rebelle s'est mué en Président de la République. Le PArti pour le REdressement National (PARENA) de Bagaza s'en sort avec un seul poste de sénateur et encore faut-il dire que c'est grâce aux accords qui réservent de facto un seul poste aux anciens présidents. Trois sièges attribués à l'ethnie Twa et deux autres au Mouvement des Citoyens Runenzagenero du Colonel Epitace Bayaganakanri (né 1956) achèvent de désigner le nouveau parlement.

Le Parti Abahuza a échoué malgré un courant de sympathie pour la Princesse Esther Kamatari (son frère Louis fera brièvement les titres de la presse en Juin 2003 par son bref emprisonnement au Rwanda suite à des divergences financières avec son employeur). Tout au plus Abahuza devra se contenter de sa victoire dans la commune d'Abitoke et à peine 1% à l'élection présidentielle. La famille royale n'a guère brillée par son soutien indéfectible à la Princesse Esther qui durant la campagne a du affronter nombres de lettres de menaces. La Princesse Iribagiza a quant à elle appelée à voter aussi pour le CNDD, mouvement dont elle sera élue députée au parlement jusqu'en 2010. Temps durs pour la famille royale à deux ans d'intervalles, le Prince Kamatari décède le 20 Août 2005 suivis par la Reine -mère Baramparaye. La Princesse Esther se consacre toujours à ses activités politiques dénonçant l'exclusion de l'ethnie Tutsi- Ganwa de tous postes gouvernementaux et ses associations caritatives.

Lors des élections municipales de Boulogne Billancourt en Mars 2008 (France), la Princesse Kamatari a été élue au titre de Conseillère municipale chargée des relations internationales. En mai 2012, elle a récemment dénoncé la tentative de rapriement des restes de la dépouille du Mwami Mwambutsa IV par le gouvernement du Burundi dans le cadre de festivités liées au 50ième anniversaire de l'indépendance du pays

D'autres membres de la famille royale (issus de la descendance de Mwezi IV) sont également entrés en politique, la plupart encartés au CNDD-FDD. Ainsi la Princesse (Umuganwakazi) Monique Ndakoze fut Ministre de la Fonction Publique de 1996 à 1997 et occupe depuis 2005 un poste de Sénateur. Le Prince André Biha, fils de Léopold Bihumunagni, fut élu député (Alliance Nationale pour le Changement) de 1999 à 2005 puis occupe un poste de Sénateur CNDD- FDD depuis 2005. Le Prince Grégoire Nkeshimana est Ministre de la Justice depuis 2005 et Vice Président de la Cour Suprême. Son frère, le Prince Germain Nkeshimana est chef du Protocole et Ambassadeur de Roumanie, Pologne et Russie depuis 2007. La Princesse Espérance Kana (né en 1966) est déléguée du Parti Monarchiste Parlementaire. La Princesse Adèle Nzeyimana épousera en 1965 le Premier Ministre Michel Micombero (Etat de la maison royale du Burundi en 2010)

La situation actuelle au Burundi est toujours plus que tendue. Le CNDD-FDD traverse comme le FRODEBU (destitution de Jean Minani de son leadership, bref retrait du gouvernement) une crise interne au sein de sa direction- générale, le pays vit toujours dans la crainte d'un putsch (arrestation de l'ancien Vice Président, d'officiers militaires en Août 2006) et de la guerre civile (rébellion du PALIPEHUTU devenu Forces Nationales de Libération à l'accord de paix signé en Décembre 2008 dont le leader Agathon Rwasa s'est exilé à la suite de l'élection présidentielle de 2010). Le PMP est membre de la Conférence Monarchiste Internationale mais ne possède aucun élu local. Le 9 Avril 2010, le PMP et le PRP avaient ralliés au sein d'une coalition de 10 partis soutenant le parti au pouvoir, le CNDD-FDD pour les prochaines élections de Juin 2010 (qui verront la ré-election de Pierre Nkurunziza faute d'opposants) .Abahuza avait déposé une liste mais n'a pas été retenue par la Commission électorale perdant ainsi les deux sièges communaux que le mouvement avait obtenus en 2005. Guillaume Ruzoviyo a été nommé Ambassadeur du Burundi suite à la réélection du Président Nkurunziza

Dans la brousse, il résonne encore des tambours qui chantent l'histoire du premier Mwami. Dans les campagnes, il est encore des familles Tutsis et Hutus qui se rappellent l'âge d'or du Burundi sous la monarchie. Dans les villes, il est des notables qui espèrent le retour de ses princes. Mais tous ont un point commun et un but qu'ils partagent avec les Républicains, le retour définitif de la paix en Urundi. Les paroles de Louis Rwagasore résonnent encore au Burundi… !

Le 30 juillet 2012 un Mouvement vient de creer la surprise en revendiquant le retour à la Monarchie comme seule solution pour une paix durable. En voici l'integrale de l'appel.


Mot du Président du M.N.B.
sur
le retour de la Monarchie au Burundi


Le Burundi est aujourd'hui à la croisée des chemins. Il souffre d'une carence d’identité et surtout d'une perte de culture. Ce phénomène n'est pas récent. Il existe depuis qu'un groupe d'individus s'est arrogé le droit de détruire le tambour Karyenda, le socle d'une civilisation millénaire de la monarchie burundaise.

Le 28 novembre 1966, le burundais lambda s'est retrouvé du jour au lendemain sans chef, sans culture, sans religion et surtout sans Roi. Il a été forcé à enterrer son passé. La famille royale a vécu des drames qu'on ne peut imaginer. La plupart des membres de cette famille ont été contrains à l’exil.

Pour réparer les maux que connait le Burundi d'aujourd'hui, plus d'un observateur nous a confirmé que le seul remède pour stabiliser et réconcilier définitivement le Burundi et les burundais c'est de doter à ce peuple très monarchique un Roi.

Le Mouvement National Burundais, que nous dirigeons, est également convaincu que le retour à la monarchie est une solution salvatrice pour notre pays.

Le Burundi doit retrouver son Roi. Un Roi qui règne mais qui ne gouverne pas. Pour cela, il lui faudra un premier ministre, chef du gouvernement avec deux vice premier ministres issus des partis politiques les plus représentatifs.

La culture ancestrale des Burundais doit revenir au centre de la gouvernance du pays. La célébration du Muganuro doit reprendre sa place dans le cœur des burundais. La valeur du Muganwa en tant que fonction doit resurgir comme fondement du pouvoir central.

Les ethnies comme nous les connaissons aujourd'hui sont à bannir. Le retour à l'appartenance à son clan comme moyen de reconnaissance sera toléré. C'est le seul moyen  d'en finir avec les divisions amenés par le colonisateur.

Dans les jours à venir, nous allons demander à la famille royale de donner le nom du futur Roi que nous allons introniser avec ou sans l'aval du gouvernement en place. Dès que la situation nous le permettra, nous allons soumettre par referendum ce projet au peuple burundais afin de revenir à l'appellation de "Royaume du Burundi" et enterrer définitivement cette république qui nous a tant fait souffrir.

En conclusion, nous lançons un appel vibrant à toutes les personnes qui sont favorables à cette solution de nous faire parvenir des propositions constructives pour la restauration de notre Monarchie.

Cette proposition restera notre cheval de bataille pour le retour à une paix durable pour le Burundi jusqu'à ce que une autre solution s'impose. D'ores et déjà, nous sommes convaincu que c'est l'unique voie de sortie.



Fait à Bujumbura, le 30 juillet 2012

Richard DELVAUX CIRAMUNDA
Président du M.N.B.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×